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(garantie sans Omega3)

TEST Panasonic DMC-GH4 : petit test pour grande définition.

Impossible d’être passé à côté, on ne parle plus que du GH4! Le successeur du GH3 filme en 4K à un prix dérisoire, vient taper méchamment dans les dents de la Blackmagic Production 4K qui est obligée de baisser son prix, et ridiculise le prix outrancier du Canon 1D-C. De mon côté je n’entends plus que : « Il sort quand le GH4? » « J’ai annulé ma commande de Blackmagic, j’attends le GH4 » « GH3 ou GH4? 4K ou pas 4K? » Le moins que l’on puisse dire c’est que le petit boîtier de Panasonic fait bouger les lignes.

J’ai découvert le GH3 avec plaisir. Il m’a accompagné quasiment partout et arbore les nombreux stigmates des situations impossibles dans lesquelles je me suis fourré avec lui. C’est bien simple, si je ne devais en sélectionner un : ce serait lui. Alors forcément, quand le GH4 a été annoncé, j’étais à la fois excité comme une puce, et très grognon. Difficile de me détacher de mon histoire de coeur avec le GH3, et pourtant diantre! Que cette nouveauté est séduisante!

Emmanuel Pampuri des Machineurs a eu l’extrême gentillesse de me céder sa place à la Panasonic Convention à Amsterdam, pour que j’aille tester de moi-même dans les champs de tulipes entre les moulins, sous un soleil (quasi)radieux. Il m’a fait l’honneur dans la foulée de m’inviter à m’exprimer au sujet du GH4 directement sur son blog. Je suis évidemment très touché par cette invitation qui sert de préambule au NAB que nous couvrirons ensemble tous les deux dès la semaine prochaine. La parole d’un petit jeunot sortie de nulle part n’est pas toujours évidente à faire entendre et c’est pour moi précieux de pouvoir collaborer avec des personnes aussi ouvertes, sympathiques et au sens de l’exigence au moins aussi névrotique que le mien.

Accompagné de David Lefevre de Focus Numérique, et Antonin Bachès du Repaire, j’ai pu donc poser mes papattes sur ce boîtier pendant un peu plus d’une heure, sur un terrain de jeu assez atypique, en dehors de mes habitudes. En résulte l’article-test que vous pouvez consulter ici. Il ne s’agit que d’une (assez conséquente) prise en main – ceux qui me connaissent savent que j’aime à passer quasiment un mois à maltraiter les objets pour les éprouver – mais l’article est truffé d’informations que j’ai soutirées aux ingénieurs de Pana et lève quelques zones d’ombres, notamment sur ce fameux grip XLR-SDI qui enthousiasme tellement les vidéastes.

Sans vouloir trop m’avancer, je crois pouvoir dire que je n’en ai pas encore fini avec le GH4 et que très prochainement j’aurais d’autres choses à vous mettre sous la dent, histoire de contenter vos appétits insatiables! La semaine prochaine risque d’être riche en écriture : envoyez moi vos tubes de Synthol pour que la tendinite des doigts m’évite magnanimement et restez à l’affut du Laboscope!

Autant dire qu’avec seulement deux précédents 4K ; le 1D-C et la Blackmagic Production Camera, le fraîchement annoncé GH4 fait figure d’outsider. Abordable, capable, reprenant la recette du succès du Gh3 (dont le Gh4 reprend le form factor et donc sa plutôt bonne ergonomie), on a de la peine à ne pas s’enthousiasmer pour ce petit boîtier qui s’annonce très prometteur. D’autant plus qu’à celui-ci vient s’adjoindre la sortie d’un « grip » vidéo doté de prises XLR et 3G HD-SDI longtemps réclamé par les vidéastes.

Impossible donc de cacher mon enthousiasme quand Emmanuel m’a proposé de m’envoler à Amsterdam pour aller tester ce boîtier tant attendu et en discuter avec les ingénieurs qui l’ont conçu. Moi qui suis un grand fan du GH3 (et plus récemment de son petit frère le GM1), j’attends cette nouvelle itération dans la gamme GH de pied ferme car le passage à l’Ultra Haute Résolution n’est pas sans conséquences. Si l’on est désormais plus ou moins habitué à manier des rushes Full-HD, on l’est en revanche beaucoup moins pour les Ultra Hautes Résolutions; une image plus définie signifie un poids de fichiers plus conséquent et des débits plus importants. Sur le boîtier cela se répercute par l’usage de cartes spécifiques, à haute capacité et à hauts débits d’écriture (et chères), et risque potentiellement de se solder par une baisse d’autonomie, ce qui a le don de m’agacer. Passer son temps à changer de cartes et de batteries est une problématique qui m’a toujours refroidi. Je préfère consacrer du temps à la composition des images et sur la direction d’acteurs, plutôt que sur la gestion des fichiers. Alors le GH4 cèdera-t-il aux sirènes des hautes résolutions en sacrifiant à son tour autonomie et espace disque?