Fast Food et video calorique

(garantie sans Omega3)

Stockage, archivage… Le Blackmagic Multidock est un formidable couteau suisse.

Pour inaugurer la partie Post-Production, quoi de mieux que de parler un peu de stockage? Quand on a des ressources limitées, il est difficile d’investir dans un serveur. Déjà ça prend de la place, faut savoir le configurer,ça fait un boucan du tonnerre, et ça se marie pas très bien avec le frigo de la cuisine (quoique…). Même un petit RAID attaché à la station de travail n’est pas à la portée de toutes les bourses. Alors que faire? C’est que ça commence à faire beaucoup de disques durs externes entassés sur les étagères tout ça… C’est pas beau et on s’y perd un peu.

Une solution que j’expérimente depuis quelques mois sur ma station de travail et qui fait ses preuves vient de chez Blackmagic. (Eh oui encore eux, ils sont partout.) Je dois dire que le Blackmagic Multidock est le produit qui m’a le plus marqué de leur part.

Pour faire simple, il s’agit d’une baie de 4 emplacements Sata 3 capable donc de lire tout aussi bien des SSD que des Disques durs (HDD) nus au format 2,5 pouces. Le tout relié à votre ordinateur Apple par l’intermédiaire d’un câble Thunderbolt 2. Le tout dans un design épuré, facilement insérable dans une tour de serveur et/ou une flight case.

Bon et après? Ca reste 4 docks, c’est pas sensationnel… Et bien au contraire ça change tout! Pourquoi?* Parce que les possibilités de travail sont infinies et s’adaptent en fonction de vos besoins. Il est ainsi possible de créer et gérer un RAID à partir des disques insérés dans les différents emplacements du dock, augmentant la sécurité de vos données en cas de projet sensible. Il permet aussi de monter 4 disques (SSD et HDD confondus, mélangés etc…) à l’aide d’UN SEUL câble et donc d’un seul port sur votre ordinateur.

Et encore, puisque que pour ceux qui ne le savent pas, le Thunderbolt permet de « chaîner » les appareils. Un appareil Thunderbolt branché sur l’ordinateur peut aussi faire office de prise Thunderbolt pour un autre appareil, à condition qu’il soit équipé de deux ports connectiques. Par conséquent, en branchant le Blackmagic MultiDock sur votre ordinateur, comme celui-ci est doté de deux prises Thunderbolt pour le chaînage des appareils, c’est comme si virtuellement vous n’utilisiez aucun port de votre ordinateur. Rien à voir donc avec les 4 câbles USB, impossibles à brancher sur votre Mac et que vous n’arriviez jamais à discerner à l’éjection.

Ceux qui tournent donc en SSD (particulièrement les utilisateurs de caméras Blackmagic évidemment) verront là donc un avantage certain : celui de pouvoir réaliser des backups de leurs rushes sur plusieurs disques à la fois, (fussent-ils HDD), tout en conservant qu’une seule connectique. Il suffira de plugger la carte dans le Blackmagic Multidock dans lequel vous aurez déjà par exemple deux disques de 1To configurés en RAID 1 miroir. Et hop. Transfert. Le tour est joué. Sur un tournage, l’encombrement est minimum et efficace. Un Rack 1U, et deux disques de 2,5 pouces, qui tiennent dans la poche.

(Non sans déconner, ne les transportez pas dans votre poche…)

Et grâce à la baisse de prix du 1To de données, le Blackmagic MultiDock est aussi une formidable solution pour gérer ses projets. Je m’explique : qui n’a pas écumé ses disques durs externes pour retrouver un projet égaré ? Pour économiser on prend des disques haute capacité et on range tous les projets indistinctement jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place. Mais outre le problème de la localisation des données se pose le problème de la fiabilité. Votre disque crashe, ce n’est pas qu’un projet que vous perdez, mais plusieurs. Moyen Moyen quand même.

Comme le prix du 1 To n’est plus si élevé, je préfère acheter des disques durs de capacité moyenne (allez pour l’exemple 2 x 500Go) très peu onéreux. Je les configure en RAID 1 pour obtenir une petite sécurité, en RAID 0 si je veux privilégier la performance. Et je vais travailler mon projet uniquement sur ces disques (le Thunderbolt permettant un bon débit pour travailler la vidéo en déporté). Mon organisation est claire et pas mise en péril par des ressources qui pourraient être externe au projet. Et à la fin, il me suffira de ranger les disques dans des boîtes adaptées et étiquetée au nom du projet (Blackmagic en fait justement qui ressemblent à des boîtiers DVCAM). Voire de n’en ranger qu’un seul dans le cas du RAID 1 et de reformater le second pour l’utiliser sur un autre projet et configurer un nouveau RAID. Et voilà le projet archivé dans un endroit sûr et localisable. Le coût du stockage est dérisoire et facilement reportable sur une facture client, d’autant plus qu’avec ce système vous privilégiez la sécurité de son travail, sans sacrifier la performance, ni le temps !

Si le dock coûte quand même 500€. Vous vous rendrez vite compte que l’investissement initial est intéressant dès lors que vous ne paierez plus votre 1 To de stockage 60€ par la suite.

Bref vous l’aurez compris. Pour une station fixe, le jeu en vaut largement la chandelle. Vous allez augmenter votre capacité de stockage progressivement en fonction de vos besoins, et surtout vous ne vous y perdrez plus entre tout vos disques dont vous avez perdus l’alim et qui soyons francs, prennent quand même beaucoup plus de place que ces touts petits 2,5 pouces… Pour ma part, c’est un investissement que je ne regrette absolument pas tant il permet de s’adapter à toutes les situations (tournage, DIT, Montage, étalonnage…) de manière sacrément intelligente. Et pour un peu que vous conjuguiez le Blackmagic Multidock avec une housse Millenium, vous obtenez un dock portable, vous pourrez le transportez facilement pour vos tournages en mobilité.

* Oui pour ceux que ça intéresserait, je fais souvent les questions réponses en écrivant, mais à ce que je sache, je n’ai jamais présenté de troubles schizophréniques sérieux jusqu’ici.