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(garantie sans Omega3)

Le Panasonic FZ1000 relancera-t-il le marché des Bridges sur la vidéo?

Mais non mais non, on ne fait pas que parler post-production dans ce blog. Il était grand temps que je vous parle du dernier né de Panasonic, le FZ1000, le premier bridge 4K du marché. Alors que Panasonic continue sa course folle dans l’innovation, alors que beaucoup dénonçait son inertie il y a quelques mois, la société s’attaque cette fois à la lourde tâche de réveiller un secteur délaissé et endormi.

Car il faut bien le reconnaître ; les bridges ont souvent été considérés comme des artefacts de réflexs pour les nuls. Et depuis la baisse considérable des prixs des réflex et l’avènement des hybrides, semblent être un secteur mort. Même le RX10 de SONY qui pourtant est un véritable outil de travail performant n’a que peu connu la popularité qu’il méritait. Aujourd’hui Panasonic tente sa chance à son tour en dévoilant, le premier bridge 4K au monde, mais aussi la première caméra 4K à moins de 1000$.

Le FZ1000 reprend quelques éléments qui ont fait le succès du GH4 (4K, 100Mbit/s, 120fps FHD, profils CineLikeD/V, autofocus DFD performant), le tout couplé à un objectif Leica 25-400mm qui offre une couverture de focale assez incroyable !

Hélas, cette couverture à un prix : l’abandon de l’ouverture constante sur la plage de focale. Ingrédient du succès du FZ200 auquel SONY et le RX10 avaient répondu par un Zoom Zeiss T*24-200mm f/2,8. Il faudra ici se contenter d’un « tristounet » F2.8-4.0 pour cet objectif de 15 lentilles (dont 5 asphériques) réparties en 11 groupes.

Le capteur du RZ1000 est un capteur MOS de 1 pouce, de 20 Megapixels, qui vous donnera un joli crop factor de 2,7 si vous tenez vraiment absolument à adapter votre image avec celle d’un réflex. Mais si c’est ça qui vous rebute, je tique plutôt sur ce nombre titanesque de pixels pour un si petit capteur. Alors que le 4K nécessite que 8Mpixels, on est en droit de penser que Panasonic ne veut pas laisser la photo en reste. Mais songeons un moment que le GH4 ne possède que 12 MPixels…cette débauche de pixels est incompréhensible. Il aurait été beaucoup plus préférable de réduire le nombre de pixels du capteur pour gagner en sensibilité et en dynamique d’image. D’autant plus si l’ouverture n’est pas constante, et que le zoom atteint de telles focales (plus besoin de cropper dans l’image avec ça…)

Outre ces petites bizarreries, l’appareil embarque un système hybride de stabilisation 5 axes. C’est à dire que la stabilisation s’effectue à la fois dans l‘objectif et dans le boîtier et devrait être réellement performante. Il reste encore à définir comment cette hybridation fonctionne clairement, mais les premiers tests semblent intéressants.

Côté vidéo, l’appareil filme en 4K UHD 3840×2160 en MP4 à 25ips. Pour obtenir du 24p, il faudra passer en Full-HD où le panel de cadences est beaucoup plus important. Embêtant si vous souhaitez faire un peu de fiction… Alors que le GH4 était dézoné, ce rétropédalage est un peu décevant, surtout si vous achetez votre boîtier aux Etats-Unis où vous ne pourrez alors plus que faire du 4K à 30fps.

Pour vous aidez dans votre tâche, le boîtier embarquement Peaking et zébra, sera doté d’un shutter permettant une vitesse atteignant mécaniquement 1/4000° de seconde, pour 0,09 secondes d’Autofocus grâce à la technologie DFD, inaugurée avec le GH4.

Si le boîtier est peu onéreux, cela se solde par quelques petits pièges. Le FZ1000 semble avoir de bon outil pour en faire un outil de travail en reportage très prisé, mais semble s’être arrêté au milieu de la course, car beaucoup des choix demeurent incohérent. Cela en fait-il un mauvais boîtier? Non, la qualité d’image semble être particulièrement travaillée, et l’implémentation des technologies du GH4 dans un boîtier de ce prix en fait une caméra très performante dont l’investissement est sûr.

Mais les quelques erreurs minimes faites par Panasonic sur le boîtier risque de priver le FZ1000 du succès qu’il mérite. Prenons pour exemple l’absence de prise casque, l’absence de filtre neutres de densités et de bague de diaphragme manuelle (qui sont sur le RX10, allez quoi tout le monde sautez le pas maintenant!!!!), et une cadence unique en 4K UHD… Et c’est dommage car l’ergonomie a l’air plutôt bonne ; l’écran OLED orientable est de la partie, la bague de l’objectif permet le contrôle à la fois du zoom et de la mise au point, et l’objectif en lui-même malgré son ouverture variable semble être supérieur au déjà extraordinaire Zeiss du RX10. Notons aussi que le FZ1000 est doté d’une prise HDMI non compressée.

Bref, s’il est intéressant de voir les bridges revenir sur la scène avec pour ambition de séduire les reporters, le FZ1000 ne fait que se placer en concurrent du RX10, là où il aurait pu l’écraser purement et simplement. Au risque de se priver du succès qu’il aurait pu avoir avec une entrée en fanfare. Si vous ne vous sentez pas trop de composer avec des objectifs, ou si ça vous ennuie, le FZ1000 et le RX10 se posent en formidables solutions de travail et ne doivent pas être oubliés tant les promesses qu’ils offrent sont fabuleuses.

Le FZ1000 sera disponible début Août au prix de 900€ environ.