Fast Food et video calorique

(garantie sans Omega3)

La C300 Mark II est de sortie.

Nombres d’injustices sévissent dans ce monde. Mais il y en a bien une méconnue de tous, passées sous silence par les politiques, une infamie muette qui nous concerne bien tous : la détention des métiers de la post-production dans des salles obscures pour cette première semaine de temps radieux (et du coup d’alerte aux particules fines. Big Up Paname).

Heureusement une Organisation Non Gouvernementale a décidé d’amener du soleil a tous ces monteurs, mixeurs, etalonneurs, compositeurs, projectionnistes et autres. Elle s’appelle Canon et elle a levé le voile sur celle qui nourrissait à elle seule moult rumeurs et supputations. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, j’ai nommé la C300 Mark II.

Pour ceux qui viennent de nous rejoindre après la coupure pub, ou ceux qui viennent de zapper rageusement après l’élimination d’Olivier de TopChef, ou ceux qui ne suivaient tout simplement pas ; la C300 est une de mes caméras favorites. Non dénuée de défauts, pas forcément optimale sur le papier, mais dont la prise en main est une merveille. Alors forcément quand sa seconde itération pointe le bout de son nez, déjà satisfaits de la deuxième version de la C100, mes doigts frôlent la crise de convulsion classique d’un camé après l’ingestion de trois capsules LSD.

Force est d’admettre qu’avec la C300 Mark II, Canon à fait un peu plus fort qu’attendu. Si la C100 Mark II était une mise a jour plutôt raisonnable, elle se contentait de combler surtout les faux pas de la première version. Avec la C300 Mark II c’est quasiment une nouvelle caméra qui pointe le bout de son nez.

La caméra enregistre maintenant un flux 4K (UHD 3840×2160 et DCI 4096×2160) 10 bit 4:2:2 au format XF-AVC développe par Canon. Celui-ci fait suite au longtemps décrié MPEG2 de la C300 première du nom et permettrait d’enregistrer un flux atteignant 410Mb/s. Comme tous les nouveaux codecs, impossible de connaître à l’avance sa modularité, mais il y a fort à parier que tous les efforts ont été mis pour exploiter au maximum les 15 stops de dynamique de la caméra. A noter que la caméra a aussi la possibilité d’enregistrer un flux 2K et FullHD avec un échantillonnage 10bit/12bit en 4:4:4.

Pour enregistrer ce flux gourmand, Canon abandonne les CF pour passer aux CFast 2.0 inaugurées avec l’Arri AMIRA. Certes ces cartes sont plus onéreuses que les CF classiques mais sont d’une robustesse tout autre pour l’enregistrement vidéo et tiennent mieux une écriture haut débit en continu. Elles se rapprochent à titre de comparaison aux cartes XQD que SONY utilisées dans la FS7. Combines aux deux processeurs DIGIC DV5 de la caméra, ces deux emplacements CFast2.0 enregistreront sans problème les hautes résolutions, simultanément à la création de proxies en H265 sur carte SD, ou bien une sollicitation intensive générée par une haute vitesse d’écriture des données.

Car une petite surprise arrive au niveau des cadences d’images qui n’a jamais été le cheval de bataille de Canon. Si la caméra atteint 30p en 4K, aux formats 2K/FullHD elle atteint les 120 images par seconde ! On est pas tout à fait aux 180ips de SONY mais tout de même.

Côté image, la C300MkII nous promet une image dotée de 15 stops de dynamique avec l’utilisation du nouveau Canon Log2. Le tout aux espaces colorimétriques aussi divers et variés que le nombre d’orchidées chez votre tante Mireille. REC709, BT2020, DCI-P3, Canon Cinema Gamut, la caméra semble parfaitement adaptée à tous les types de projets qu’ils soient télévisuels ou cinématographiques. La caméra Super35, déjà plutôt performante en basses lumières dans sa première version, atteint avec son nouveau capteur les 102 000 ISO. Le déchargement du capteur et le rolling shuter ont été revus afin d’éviter les bavures et autres aberrations lors de la capture de mouvements rapides et/ou en hautes lumières.

Voila.

Il vous fallait autre chose?

Le RAW?

Vous êtes gourmands et Canon a pensé à vous. Si, si. On ne peut pas enregistrer le RAW 4K en interne, mais on peut l’enregistrer simultanément au flux principal à l’aide d’un enregistreur externe. La compatibilité avec le Shogun d’Atomos a été confirmée pour un signal 10bit. Ca vous parle ?

Je vous passerais les détails sur les différents types de filtres ND électroniques qui équipent la caméra, son ergonomie un poil amélioré, son autofocus suivi, un boîtier de conecteurs audio et autres… Toujours est-il qu’après un tel volume de nouveauté je me questionne sur la C500 Mark II qui devrait elle non plus pas tarder. Il était nécessaire pour Canon de revoir sa gamme pour différencier nettement la C100 de la C300 et de la C500. Mais à ce point…  Que reste-t-il de raisonnable à la C500 ? L’enregistrement RAW en interne? Une résolution supérieure?

En face la FS7, si tant est qu’il soit réellement intelligent de les comparer, possède certes un prix un peu plus attractif, au détriment d’un Autofocus performant chez Canon, d’un stop de dynamique et d’autres petits détails. Il restera à comparer les deux modèles côte à côte plutôt que des comparatifs vains sur le papier.

La C300 est prévue pour septembre. Mais Canon prend d’ores et déjà les pré commandes pour 16 000$. Vous aurez compris je pense qu’il s’agit d’ores et déjà d’un Must qui va se vendre comme des petits pains