Fast Food et video calorique

(garantie sans Omega3)

Et puis un matin comme ça, l’Alpha 7R II.

Je ne sais pas vous, mais mon copain Léo ne jure que par Sony. Si bien que depuis le NAB, il est prostré en position foetale faute d’avoir eu une mise à jour de l’Alpha 7s ou de l’Alpha 7R à se mettre sous la dent. Mais comme ça, tranquille, SONY hier matin a dévoilé l’Alpha 7R II, qui devrait donner à Léo sa dose d’endorphine. Car le jeu des mises à jour mineures de boîtier ne semblent pas être l’optique du constructeur. Ce nouveau boîtier vient titiller les monopoles des leaders : le GH4, le 5D Mark III, mais aussi les derniers 5Ds et 5Dr.

Je ne vous dirais pas que je suis un grand fan des produits SONY, ce ne serait pas très vrai. La barrière du coup de coeur des textures SONY et de l’ergonomie ont eu raison de mon envie de me jeter sur tous ces excellents produits. Car ne nous y trompons pas, si il y a bien un constructeur qui, ces derniers mois, m’étonne coup sur coup, c’est vraiment SONY. Et pour le coup l’A7RII m’a donné le coup de grâce. Ca y est, il est là le boîtier qui bousille les compromis ! Oh que mes doigts ont envie de s’agiter autour du boîtier ! Et non ce n’est pas une allusion dégueulasse de frustré qui compense par la taille de ses objectifs bande de pervers !

Alors pourquoi l’A7RII est le boîtier pour qui j’accepterais d’aller passer une journée attaché dans une salle obscure forcé de regarder (et écouter!) Fifty Shades Of Grey? Et ce juste pour pouvoir tester ce qui semble être un petit bijou ? Tout simplement parce que le boîtier non seulement enregistre (enfin) un flux 4K UHD 3840×2160 en interne, mais surtout à partir d’un nouveau capteur Full-Frame de 40 MegaPixels stabilisé sur 5 axes ! Le tout avec les améliorations du form factor déjà introduites avec l’Alpha 7 II : un poignée améliorée pour une meilleure prise en main, boîtier en Magnesium tropicalisé léger. Le fameux bouton d’enregistrement vidéo, lui, n’a pas bougé et devrait faire les beaux jours des contorsionnistes experts (Attention : de l’ironie a été détectée dans la phrase précédente).

Mais il ne s’agit pas juste d’énumérer les spécifications techniques pour donner de la valeur à un boîtier. Ce qui m’intéresse tout particulièrement chez SONY, c’est sa monture qui permet d’adapter la plupart des objectifs existants. Qu’ils soient neufs ou anciens. Et comme j’ai quelques cailloux vintage mais terriblement définis dans mon tiroir, la stabilisation du capteur sur 5 axes de l’A7R II me permet enfin de les utiliser sans craindre les tremblements. Le tout combiné justement à un capteur dont la définition est la priorité. Et pour moi en terme de photo grand format c’est magnétique. La photographie à haut nombre de pixels se solde par des boîtiers ou des dos numériques excessivement chers. À titre de comparaison un dos Mamiya Leaf 40MP coûte 14 000€. Alors certes on est pas dans la même dynamique d’image, ni même taille de capteur mais quand même ! Il faut voir ce que le processeur BIONZ X du A7R II donnera, mais ça reste quand même très alléchant.

Et du coup il semblerait que cela suive côté vidéo ! Avoir enfin un enregistrement 4K-UHD en XAVC-S à 100MB/s (50Mbs en FHD), avec la présence du Slog2 et du Super Gamut sur un boîtier photo conséquent. Mais je dis mille fois oui ! Quand on travaille en photo ET en vidéo et que l’on construit des oeuvres hybrides, garder les même textures et les même signatures d’images qui font quand même partie intégrante d’un travail artistique, c’est quand même une véritable problématique. Avoir enfin un boîtier (compact!) qui permette de mixer les deux de manière satisfaisante c’est inespéré. (non désolé le GH4 ne fait pas des photos extraordinaires, et le 5D ne fait pas de la vidéo extraordinaire). Enfin je n’aurais plus à emporter un sac rempli de boîtiers avec moi.

Il reste quand même quelques inconnues qui vaudront le coup d’oeil avant de placer ce boîtier au sommet des merveilles.  Car si le boîtier embarque un nouveau système d’Autofocus suivi ultra-rapide à 399 collimateurs, et un nouveau viseur Oled ZEISS qui devrait faire des merveilles, reste qu’un tel capteur en vidéo n’est pas sans conséquence. Tant de pixels sur une même surface réduit la taille des photosites et donc la sensibilité globale du boîtier en basse lumière. Bien entendu il n’a jamais été question d’égaler l’Alpha 7s en terme de sensibilité, mais j’espère vraiment que le capteur rétro éclairé de l’Alpha 7R II arrive à contrer efficacement ce problème. De même, un tel nombre de pixels ouvrirait en vidéo un boulevard unique direction la Rave Party de l’aliasing et du moiré. Pour contrer ça, SONY aurait optimisé son processeur avec des techniques héritées des capteurs CCD, mais dans quelles proportions? Cela reste encore à voir. Et enfin, la ligne Alpha n’a jamais brillé par son autonomie, un tel boîtier, sans doute plus gourmand en énergie devrait faire fondre les batteries, soit à cause des ressources utilisées, soit par la chaleur dégagée par le boîtier. Tout cela reste donc à suivre de très prêt, mais il semblerait que nous ayons devant nous quelque chose qui fasse rapidement école.

Les précommande du boîtier ouvrent le 17 juin pour une disponibilité en Août. Pour un prix attendu tournant autour de 3000$.

EH OUI!